Communiqué contre les violences policières et guerrières

Parce que dans cette guerre que mènent l’Etat et le capital contre les peuples, il est primordial de reconnaître ses ennemis tout autant que ses alliés.

Le 11 novembre 2025,
Syndicat CNT Manche
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Nous assistons depuis des années à une accélération du développement de la violence institutionnelle dans notre pays et dans le monde. Les pouvoirs réactionnaires se mobilisent pour asservir toujours davantage à leurs profits celles et ceux qui travaillent et espèrent une vie juste et paisible.

Dans notre pays, les politiques néolibérales creusent les inégalités toujours plus et précarisent une grande partie de la population. Les chiffres de la pauvreté sont alarmants et les droits sociaux, acquis de longue lutte par les travailleur-euses, sont détricotés gouvernement après gouvernement sous le prétexte de l’équilibre budgétaire ; équilibre invoqué et recherché uniquement après que la minorité la plus riche ait largement rempli ses poches, au détriment de celles et ceux qui produisent la richesse : les travailleur-euses.

Bien des fois nous avons tenté de réagir : des mobilisations contre les lois sur les réformes successives des retraites, contre la loi travail, au mouvement des gilets jaunes, en passant par Nuit Debout, ou lors des mobilisations à vocation environnementale sur les ZAD et ailleurs. La réponse du pouvoir est toujours la même : le passage en force et la violence. Dans un pays qui se gargarise de sa révolution de 1789, la guerre contre le peuple reste le maître mot. Les inégalités s’accroissent d’année en année et notre démocratie, déjà imparfaite, devient un véritable système autoritaire cadenassé par la violence et la propagande du capital et de l’État.

Le 10 septembre dernier, nous avons une fois de plus été témoins des stratégies de violence systématique mises en place par le pouvoir afin de briser la mobilisation en cours. À Cherbourg et ailleurs, cette violence s’est déployée dans un silence quasi général ; voire un satisfecit des élu-es de la gauche néolibérale à la droite extrême.

Après l’assassinat de Sulivan en 2024, les habitants de Cherbourg assistent de nouveaux à cette irruption des violences policières. Celles-ci se multiplient dans le pays, c’est une surprise uniquement pour celles et ceux qui ne voulaient pas voir, qui sont aveugles aux stratégies violentes mises en place depuis des années par une institution qui, comme le pouvoir, se radicalise dans la haine et la répression. Des exactions de Sainte-Soline ayant fait des blessés très graves, aux viols et meurtres à répétition, la police et la gendarmerie suivent et protègent la dérive autoritaire d’un pouvoir qui veut faire sécession vis-à-vis des légitimes aspirations démocratiques, sociales, environnementales, féministes, antiracistes de peuples toujours plus éduqués, et dont les intérêts de classe divergent de celles et ceux qui veulent garder leurs privilèges, leurs pouvoirs, leurs hégémonies économiques et culturelles.

Prêts à tout pour cela, les pouvoirs ont déclaré la guerre aux peuples !

Nous devons donc lutter pour mettre fin à cette guerre menée sous couvert d’une soi-disant « violence légitime ». Rien n’est légitime dans l’exercice du pouvoir. Il piétine les droits démocratiques, humains et sociaux conquis par la lutte. Cette violence, dirigée contre les plus pauvres, les plus précaires et celles et ceux qui s’opposent au système capitalo-industriel destructeur de nos vies et de notre environnement, ne saurait être tolérée.

La guerre aux pauvres s’est toujours transformée en guerre entre nations, profitant au capital et brisant les travailleur-euses sur le champ de bataille comme dans les usines. Paul Valéry l’écrivait déjà et nous le paraphrasons de la sorte : la guerre est un massacre inutile de gens pauvres qui ne se connaissent pas, au profit utile de gens puissants qui se connaissent bien mais ne se massacrent pas. La Résistance au nazisme, symbole d’honneur et de courage, incarnée en France par celles et ceux qui ont mené la lutte armée et clandestine, est aujourd’hui trahie. L’antifascisme et l’antimilitarisme sont criminalisés, voués aux gémonies. Chacun-e peut constater cette inversion des valeurs et du sens de l’histoire.

Quand l’extrême droite, fidèle à elle-même, véhicule ses idées nauséabondes dans les médias, quand celles et ceux qui résistent sont considérés comme le problème, alors nous sommes en situation de fascisme.

Quand la police et la gendarmerie mutilent des militant-es venus-es défendre des causes environnementales ou des droits sociaux, quand le pouvoir s’en prend aux plus défavorisés, quand il développe des politiques xénophobes et racistes, alors nous sommes en situation de fascisme.

De Trump à Netanyahou, en passant par Poutine, des milices armées soudanaises soutenues par des États, aux vendeurs d’armes à travers le monde, dont la France est un des leaders ; le fascisme sous ses différentes formes continue de faire des millions de victimes chaque année et de faire souffrir les peuples. Nous sommes en situation de fascisme.

Nous devons prendre acte et entrer en lutte. Nous saurons trouver nos alliés et identifier nos ennemis. Nous sommes du peuple et nous n’oublions pas que, aujourd’hui comme hier, le fascisme s’installe par le haut. Les révolutions progressistes viennent toujours du peuple ; le fascisme vient toujours du pouvoir politique, économique et médiatique.

Nous serons aux côtés de celles et ceux qui luttent pour la liberté, pour le choix, la libre conscience ; pour l’égalité, pour la justice, pour la sécurité sociale ; solidaires avec celles et ceux qui, même sans le revendiquer, déploient une énergie considérable pour défendre ces principes.


Partout où il y a du fascisme, il y a de l’antifascisme !

Les élans révolutionnaires sont nombreux à travers le monde et s’expriment chaque année. En ce moment même, du Népal à Madagascar, du Maroc à l’Indonésie, les mobilisations en cours prouvent encore que les peuples n’abdiquent jamais face à l’autoritarisme. Depuis ce bout de terre qu’est le Cotentin, nous relions nos combats locaux antifascistes et émancipateurs à celles et ceux qui souffrent des pouvoirs partout dans le monde. Car la même logique est partout à l’œuvre. Désarmer puis détruire le pouvoir ici aidera sans aucun doute celles et ceux qui, ailleurs, souffrent d’autant plus du capitalisme et de ses alliés fascistes.

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