Eruptions (brochure)

« La dette on s’en fout, on veut plus payer du tout »

Sommaire :
Face à la répression, solidarité, p.2
Nous sommes un volcan qui bouillonne, p.3
Tentative de résumé du 10 septembre à Caen, p.5
Emile Pouget et le sabotage, p.6
Couper le jus au métro parisien, p.7
Différentes techniques de lutte, p.8
Eruptions en cours, p.10
Tout commence par la révolte, p.11
dito : Ne plus payer !

Les gouvernements successifs veulent nous tondre toujours davantage, avec des plans d’austérité et des conditions d’exploitation toujours plus brutales. Agiter la dette devient une arme de soumission. Ce que l’on nous présente comme inéluctable est en réalité un choix de société basé sur l’exploitation. La dernière réforme des retraites se justifiait, selon le pouvoir, pour 10 milliards d’économie. Bayrou, avant de chuter, nous a parlé de 44 milliards à trouver. Dans le même temps, on annonce encore une rallonge au plan de programmation militaire 2024-2030 de déjà 413 milliards. La Défense est la mission la plus financée du budget de l’Etat, devant l’enseignement scolaire. On annonce aussi 109 milliards pour l’Intelligence Artificielle, qui va accélérer les cadences de travail, renforcer la surveillance de nos moindres faits et gestes et nous transformer toujours plus en rouage d’un système qui nous dépossède de nos vies. Fabriquer et vendre des missiles et des algorithmes serait plus important que notre santé et notre dignité. Les cadeaux au patronat s’élèvent chaque année à plus de 200 milliards, tandis que l’évasion fiscale des plus riches représente plus de 100 milliards chaque année. Nous sommes en fait dans un système fait par les riches et les puissants pour les riches et les puissants, et on voudrait nous enfoncer encore plus la tête sous l’eau. Les alchimistes considéraient que du non-être pouvait se créer l’être. Les capitalistes font la même chose, en particulier les banquiers et les financiers : ils exigent qu’on leur restitue des sommes qu’ils n’ont jamais eues en manipulant leurs livres de compte et en s’appuyant sur le principe du taux d’intérêt. Ils reçoivent ainsi, sans rien faire, plus d’argent que ce qu’ils ont prêté. La finance a tout de la magie et les capitalistes sont des prestidigitateurs. Ou plus simplement des escrocs.
A l’échelle des dettes publiques, le tour de force se résume ainsi : la privatisation outrancière des profits (et de plus en plus de transferts directs d’argent public au privé sous forme d’aides et subventions) s’appuie sur le fait de socialiser les dettes. Chaque contribuable à travers le monde a ainsi renfloué les banques après la crise de 2008. Nous nous sommes retrouvé-es à payer des institutions qui passent leur temps à nous voler. Les exploité-es sont tondus deux fois : une première fois en créant la richesse des capitalistes, en travaillant pour elles et eux, une seconde fois en payant les impôts et supportant les plans d’austérité pour rembourser des dettes qui ne sont pas les leurs.
Dès lors, pourquoi payer ? La dette est un autre mot pour escroquerie. Elle est même au fondement de la violence et de la morale du pouvoir. Nous devrions payer nos dettes, obéir et respecter l’ordre, nous soumettre. Dans la morale de la dette, ce sont les exploité-es qui sont considérés en tort. Il faudrait payer pour les patrons, les actionnaires, les banquiers, les prêtres, les princes, les usuriers, les politiciens… Pour qu’ils continuent à nous exploiter et à ravager la planète. Qu’ils aillent se faire foutre !
Pendant des millénaires, les premiers Etats étaient obligés d’effacer régulièrement les dettes pour maintenir l’ordre. Les révoltes populaires exigeaient quant à elles de ne plus payer les dettes. Pourquoi ne pas renouer avec ce refus, bon point de départ pour foutre en l’air l’État et le Capital, et ouvrir des brèches pour construire d’autres manières de vivre basées sur l’entraide, l’égalité, l’autonomie et la démolition de toute domination ?
Ce bulletin entend contribuer à nourrir les luttes et ouvrir cette perspective.

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