Semaine contre leur guerre, contre leur paix (du 5 au 8 juin)

Mercredi 5 juin : causerie « contre leur guerre, contre leur paix » à 18h au local Apache (35 bvd Poincaré, Caen) ;
Jeudi 6 juin : cortège antimilitariste dans la manif de solidarité à la Palestine (lieu et horaire à venir) ;
Vendredi 7 juin : permanence, exposition « Contre la guerre, pour la révolution » à 18h au local Apache ;
Samedi 8 juin : causerie avec Sudfa Media sur la révolution et sa confiscation par la guerre au Soudan à 17h, suivie d’une bouffe, au squat de la pouponnière (138 rue d’Auge, Caen)

La guerre est toujours une boucherie

Les commémorations du Débarquement de 1944 en Normandie participent à la légitimation de la guerre et du nationalisme, surtout en ces temps belliqueux. Il n’est d’ailleurs jamais question des dizaines de milliers de civils ensevelis sous les bombes, des villes rasées (comme Caen), des viols et des massacres qui ont accompagné le Débarquement.

Aujourd’hui, la guerre est partout : en Ukraine, envahie par l’armée russe ; en Palestine, où la population est massacrée par l’Etat israélien ; en Birmanie, où la dictature des généraux cherche à éliminer leurs opposants et opposantes ; au Soudan, où la révolution populaire est effacée par une guerre entre généraux ; au Yémen, où la révolution qui a chassé le dictateur est elle aussi effacée par un conflit entre les islamistes Houthis et un gouvernement autoritaire soutenu par un cartel d’Etats ; en République Démocratique du Congo, où une myriade de groupes armés et les forces gouvernementales s’affrontent pour le contrôle des ressources ; etc. Partout, ce sont les populations qui trinquent et la liberté qui est étouffée.

En France aussi, la guerre se prépare. Il faut prendre au sérieux les déclarations va-t’en guerre de Macron et consorts. L’Union européenne a d’ores et déjà acté la guerre contre la Russie. La seule question en suspens est celle de son niveau d’intensité. La généralisation du Service National Universel avec ses levées de drapeau, les interdictions de manifester en soutien à la Palestine, la militarisation de la police, la mise en place d’une économie de plus en plus axée sur la guerre (plus de 400 milliards prévus pour l’armée entre 2024 et 2030), et bien d’autres dégueulasseries préparent les esprits et préparent les armes des guerres à venir. Le bruit des bottes n’est jamais une bonne nouvelle pour les aspirations à la liberté. Quoi de mieux que la militarisation pour écraser toute divergence et imposer la soumission derrière la patrie ? Ne parlez plus d’exploitation au travail, des ravages industriels, de la misère, de la dépossession à tous les étages : obéissez et au besoin devenez de la chair à canon !

Derrière la guerre et ses horreurs se cache toujours la faillite de l’étatisme et de ses frontières, du nationalisme, de la religion, du néocolonialisme, c’est-à-dire de toutes les logiques autoritaires et identitaires qui divisent artificiellement l’humanité au profit de quelques personnes décidant de la vie de tous les autres. L’idée de ‘’peuple’’ charrie avec elle la mentalité de troupeau, le culte des chefs, l’esprit de martyr, les fosses communes et les génocides.

De notre côté, nous continuerons de porter une position internationaliste solidaire avec tous les exploité-es et les amants et amantes de la liberté, quelle que soit leur origine. Il n’y a pas de guerre juste et il n’y a pas à choisir un camp plutôt qu’un autre. Pourquoi choisir entre tel ou tel Etat, aspirant ou en place, avec ses soldats égorgeurs ? Pourquoi choisir entre tel ou tel chef, avec ses flics pour mettre au pas ? Nous serons toujours les perdants et perdantes de ces situations.

La guerre profite à certains et certaines. Les profits des industries de mort s’accroissent et la France est ainsi devenue le second fournisseur d’armes dans le monde après les Etats-Unis. L’Etat français et ses industries d’armement sont donc directement responsables des massacres d’un bout à l’autre de la planète, tout en faisant ensuite la chasse à celles et ceux qui les fuient et viennent se réfugier chez nous.
La guerre commence donc ici, dans les zones industrielles de nos villes. C’est d’ailleurs pour cela qu’en novembre 2023, des rebelles ont scié un pylône électrique et incendié une ligne haute-tension pour couper le jus de deux sites de production du groupe Aubert et Duval. Celui-ci fournit des pièces pour des sous-marins d’attaque à Naval Group, pour des Rafales à Dassault et pour les centrales nucléaires à Framatom. Les guerres sont possibles grâce à un tas d’usines et laboratoires d’apparence anodines, qui méritent d’être attaqués et mis à l’arrêt.

S’opposer à la guerre, c’est aussi empêcher tout ce qui fait sa promotion, par exemple le projet de DDay Land (rebaptisé Normandy Memory) envisagé à Colombelles. Cette espèce de parc d’attraction marchand à la Puy-du-Fou cherche à occulter la réalité brutale de ce qu’est la guerre et son horreur absolue, pour en faire un spectacle fun et rémunérateur. Il n’est pas question qu’une telle chose s’installe.

Contre leur guerre, contre leur paix !

Révolution sociale !

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